Père au foyer, mère soulagée

Même s’ils sont encore minoritaires, le nombre de pères au foyer est en constante augmentation. Phénomène de mode ou véritable changement de la société, ces nouveaux papas assurent et assument.

Père au foyer, une nouvelle profession ? Rencontre avec ces hommes modernes qui ont fait le choix de rester auprès de leur progéniture et de « tenir la maison », laissant à leur compagne le soin de travailler.

Signe des temps, depuis quelques années déjà, les papas peuvent prendre un congé paternité, qui rappelons s’il n’est que de 11 jours, a le mérité d’exister. Ils peuvent également prétendre au congé parental jusqu’au 3 ans de leur enfant. Une formule qui fait de plus en plus d’adeptes. Alors qu’en 2004, 238 papas s’étaient lancés dans l’aventure, ils étaient près de 300 en 2006. En 2008, le ministère de la Santé a réalisé une étude sur cette tendance. A la question « Combien de temps accepteriez-vous d’interrompre votre activité professionnelle afin de garder et d’éduquer votre enfant ? », 20 % des pères se sont déclarés prêts à le faire durant au moins trois ans… Preuve que l’idée fait sont chemin.

Les pères au foyer : des Papas-poules

Des hommes au foyer qui s’assument, une réalité encore improbable il y a quelques décennies. Mais heureusement, les temps changent et les papas revendiquent le droit de s’investir plus en avant dans l’éducation de leur enfants. « Je suis free-lance et je travaille donc de chez moi, explique Benjamin, informaticien de 30 ans papa de Camille, 6 ans et Antoine 8 ans. La question ne s’est pas posée… Il était logique que je m’occupe d’eux plutôt que de faire des frais en prenant une nounou. Ça n’a pas été facile tous les jours, ça demande quand même un peu d’organisation ! Mais une chose est sûre, je ne regrette absolument pas mon choix ». Pas facile en effet de prendre en charge les courses, le ménage, de gérer les devoirs, les activités de chacun et les petits tracas de la vie quotidienne. Si Benjamin a choisi de garder ses enfants parce qu’il travaille de son domicile, d’autres pères n’hésitent pas à stopper leur activité professionnelle. Un choix assumé et revendiqué que la société a parfois encore du mal a accepter.

Une image de la famille encore très traditionnelle

« C’est le boulot de la femme de s’occuper des enfants ». Ce genre de réflexions, les hommes qui ont choisi de rester à la maison les entendent encore trop souvent. Une attitude rétrograde qui s’explique par la difficulté de casser les schémas parentaux établis depuis des millénaires. Les psychiatres analysent cette situation en expliquant que la société n’est pas encore prête à casser le schéma de la famille traditionnelle. Pour beaucoup d’hommes, rester à la maison reviendrait à tirer un trait sur sa virilité. Si le regard extérieur peut s’avérer parfois pesant, les enfants sont ravis d’avoir leur papa pour eux toute la journée. Ils ne se posent pas la question de la normalité de la situation.

Mathieu, papa de Charlotte 4 ans qui a déjà franchit le pas, balaie toutes les réticences : « J’adore m’occuper de ma fille, mais je ne passe pas toutes mes journées et mes soirées à m’occuper exclusivement d’elle. Ma compagne me seconde, je sors, je vois des amis, en bref j’ai une vie sociale. Les gens ont encore tendance à penser que papa au foyer c’est une forme de castration. C’est archi faux ».

plus d’infos :

Père au foyer désespéré. Roman de David Engevin, Pascal Galodé Editions

Source: Script-it

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